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LA NOUVELLE CANTINE OUVRE SES PORTES: DESSERTS A VOLONTE

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mon père ce héros
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Davère-aistéire
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contexte : L'étreinte.
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Vendez vous... vous êtes cernés.
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Orgie proposée par: danah (322)

Héraclite d’Éphèse , débarquât un jour à Athènes, un sac de toile sur le dos, et dit que les choses et les mots étaient décidément incommensurables, - il le dit en grec ancien parce que le français n’existait pas en ce temps là. Il passait pour un type étrange, qu’on croisait parfois aux abords des rivières, examinant avec soin l’incessante fluctuation des eaux, y déposant une multitude de petits navires en papier, sur lesquels étaient écrits : ” ποταμοῖσι τοῖσιν αὐτοῖσιν ἐμϐαίνουσιν ἕτερα καὶ ἕτερα ὕδατα ἐπιρρεῖ· καὶ ψυχαὶ δὲ ἀπὸ τῶν ὑγρῶνἀναθυμιῶνται” (par exemple). Embarcations qui filaient immanquablement en amont des eaux, à moins qu’elles ne s’écrasent parfois sur un rocher saillant. Les philologues, bien des siècles plus tard, découvrirent quelques uns de ces bouts de papier échoués dans les ajoncs, et c’est ainsi que furent publiés les fragments d’Héraclite.

Parménide, lui, regrettait amèrement la disparition de ces petits bâteaux. Ça ne lui faisait pas spécialement plaisir de constater l’irrésistible évanouissement de ses mots à lui, des mots censés dire les choses, et c’est avec un certain effroi qu’il voyait ces ruisseaux se tarir en été, n’être plus que des lits de caillasses et de branchages secs et brûlés par le soleil, lequel tapait fort sur la Grêce antique - et il lui vint cette idée que si le non-être n’est pas, alors on pourrait se consoler de ce que l’être au contraire, est, et de ce fait s’y intéresser de préférence, à cet être pur, intact, inengendré, inaltérable, qui demeure malgré les aléas de la vie sublunaire.

L’histoire de la philosophie occidentale avait alors jeté ces derniers feux - le reste n’étant que gloses et notes, annexes et commentaires, plus ou moins avisés, souvent verbeux, et, parfois, à se pendre. On aurait d’ailleurs pu se contenter de lire les quelques dizaines de folios légués par ces deux-là - si tant est qu’ils aient écrit quoi ce soit. On pourrait aussi tout aussi bien s’agenouiller près d’un ruisseau, contempler les grenouilles et les petits poissons, et laisser filer ses propres pensées au milieu des roseaux.

orgier mme si on connat que dalle en philosophie
Participations suspendues Réactions (7): VOIR/REAGIR

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Participation de dogbreath (325)

Héraclite d’Éphèse , débarquât un jour à Athènes, un sac de toile sur le dos, et dit que les choses et les mots étaient décidément incommensurables, - il le dit en grec ancien parce que le français n’existait pas en ce temps là. Il passait pour un type étrange, qu’on croisait parfois aux abords des rivières, examinant avec soin l’incessante fluctuation des eaux, y déposant une multitude de petits navires en papier, sur lesquels étaient écrits : ” ποταμοῖσι τοῖσιν αὐτοῖσιν ἐμϐαίνουσιν ἕτερα καὶ ἕτερα ὕδατα ἐπιρρεῖ· καὶ ψυχαὶ δὲ ἀπὸ τῶν ὑγρῶνἀναθυμιῶνται” (par exemple). Embarcations qui filaient immanquablement en amont des eaux, à moins qu’elles ne s’écrasent parfois sur un rocher saillant. Les philologues, bien des siècles plus tard, découvrirent quelques uns de ces bouts de papier échoués dans les ajoncs, et c’est ainsi que furent publiés les fragments d’Héraclite.

Parménide, lui, regrettait amèrement la disparition de ces petits bâteaux. Ça ne lui faisait pas spécialement plaisir de constater l’irrésistible évanouissement de ses mots à lui, des mots censés dire les choses, et c’est avec un certain effroi qu’il voyait ces ruisseaux se tarir en été, n’être plus que des lits de caillasses et de branchages secs et brûlés par le soleil, lequel tapait fort sur la Grêce antique - et il lui vint cette idée que si le non-être n’est pas, alors on pourrait se consoler de ce que l’être au contraire, est, et de ce fait s’y intéresser de préférence, à cet être pur, intact, inengendré, inaltérable, qui demeure malgré les aléas de la vie sublunaire.

L’histoire de la philosophie occidentale avait alors jeté ces derniers feux - le reste n’étant que gloses et notes, annexes et commentaires, plus ou moins avisés, souvent verbeux, et, parfois, à se pendre. On aurait d’ailleurs pu se contenter de lire les quelques dizaines de folios légués par ces deux-là - si tant est qu’ils aient écrit quoi ce soit. On pourrait aussi tout aussi bien s’agenouiller près d’un ruisseau, contempler les grenouilles et les petits poissons, et laisser filer ses propres pensées au milieu des roseaux.

 

 

 


La philosophie était donc morte… ou tellement endormie qu’elle se contentait de jacasser autour des idées simples des deux bêtes de scène susnommées.

 

Et mon cul !

 

Géraldine Halliday, jeune actrice de films ‘’différents’’, s’agenouillait souvent au bord des ruisseaux, sous une lumière synthétique, complètement offerte à son avenir de danseuse étoile, sans doute. Elle laissait flotter ses pensées, au grès des courants du ruisseau qu’elle fixait pendant que ses collègues trompaient leur ennui dans leur tâche quotidienne. Elle pensait ‘’mon Dieu, quelle époc’ !’’ – elle pensait dans un français moyen car à cette époque, les films étaient doublés au montage. Les philologues, quelques années plus tard ont retrouvé le film sans prêter attention à la performance cérébrale de l’artiste. Ils n'en avaient rien à foutre, persuadés que Parménide et Héraclite avaient déjà tout expliqué des malheurs de Sophie.

 

Adolphe Devedjian, buraliste à Puteaux ferme sa boutique le lundi. Toute la journée. C’est son jour de repos bien mérité. Il se consacre à la peinture. Avec goût, sans doute. Il pressent un retour des vraies valeurs, il pense à dimanche, il votera. Adolphe est un homme réaliste. Sa peinture aussi. Ses toiles exhibent des ruisseaux langoureux où se perdent les reflets romantiques des amours passées. ‘’On a beau dire c’qu’on veut… c’était l’bon temps’’ pensait Dev (son fils, Kevin, 18 ans, aimait le taquiner en l’appelant Dev, comme le chien de Mirou, la fiancée de Oui-Oui). Peu de temps après le cancer du cerveau de l’artiste, la veuve Devedjian jeta par mégarde la totalité des œuvres du défunt dans la cheminée de la résidence secondaire, à Pontoise. Les philologues, enquêteront bien plus tard et s’accorderont à dire que l’hiver fût bien froid cette année là, laissant à Kevin le souvenir des fulgurances paternelles.

 

 

On pourrait tous se contenter de faire des bateaux en papier et papoter avec les grenouilles. Ça ne nous rendrait pas plus philosophes. Heureusement, nous en avons parfois l’intuition (intuition : sorte de paresse cérébrale).

 

Genèse:danah(322) ->dogbreath(325)
Danah avait prvenu : orgier mme si on connat que dalle en philosophie
Participations suspendues Réactions (1): VOIR/REAGIR

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Participation de manu (327)

Héraclite d’Éphèse , débarquât un jour à Athènes, un sac de toile sur le dos, et dit que les choses et les mots étaient décidément incommensurables, - il le dit en grec ancien parce que le français n’existait pas en ce temps là. Il passait pour un type étrange, qu’on croisait parfois aux abords des rivières, examinant avec soin l’incessante fluctuation des eaux, y déposant une multitude de petits navires en papier, sur lesquels étaient écrits : ” ποταμοῖσι τοῖσιν αὐτοῖσιν ἐμϐαίνουσιν ἕτερα καὶ ἕτερα ὕδατα ἐπιρρεῖ· καὶ ψυχαὶ δὲ ἀπὸ τῶν ὑγρῶνἀναθυμιῶνται” (par exemple). Embarcations qui filaient immanquablement en amont des eaux, à moins qu’elles ne s’écrasent parfois sur un rocher saillant. Les philologues, bien des siècles plus tard, découvrirent quelques uns de ces bouts de papier échoués dans les ajoncs, et c’est ainsi que furent publiés les fragments d’Héraclite.

Parménide, lui, regrettait amèrement la disparition de ces petits bâteaux. Ça ne lui faisait pas spécialement plaisir de constater l’irrésistible évanouissement de ses mots à lui, des mots censés dire les choses, et c’est avec un certain effroi qu’il voyait ces ruisseaux se tarir en été, n’être plus que des lits de caillasses et de branchages secs et brûlés par le soleil, lequel tapait fort sur la Grêce antique - et il lui vint cette idée que si le non-être n’est pas, alors on pourrait se consoler de ce que l’être au contraire, est, et de ce fait s’y intéresser de préférence, à cet être pur, intact, inengendré, inaltérable, qui demeure malgré les aléas de la vie sublunaire.

L’histoire de la philosophie occidentale avait alors jeté ces derniers feux - le reste n’étant que gloses et notes, annexes et commentaires, plus ou moins avisés, souvent verbeux, et, parfois, à se pendre. On aurait d’ailleurs pu se contenter de lire les quelques dizaines de folios légués par ces deux-là - si tant est qu’ils aient écrit quoi ce soit. On pourrait aussi tout aussi bien s’agenouiller près d’un ruisseau, contempler les grenouilles et les petits poissons, et laisser filer ses propres pensées au milieu des roseaux.

 

 


La philosophie était donc morte… ou tellement endormie qu’elle se contentait de jacasser autour des idées simples des deux bêtes de scène susnommées.

Et mon cul !

Géraldine Halliday, jeune actrice de films ‘’différents’’, s’agenouillait souvent au bord des ruisseaux, sous une lumière synthétique, complètement offerte à son avenir de danseuse étoile, sans doute. Elle laissait flotter ses pensées, au grès des courants du ruisseau qu’elle fixait pendant que ses collègues trompaient leur ennui dans leur tâche quotidienne. Elle pensait ‘’mon Dieu, quelle époc’ !’’ – elle pensait dans un français moyen car à cette époque, les films étaient doublés au montage. Les philologues, quelques années plus tard ont retrouvé le film sans prêter attention à la performance cérébrale de l’artiste. Ils n'en avaient rien à foutre, persuadés que Parménide et Héraclite avaient déjà tout expliqué des malheurs de Sophie.

Adolphe Devedjian, buraliste à Puteaux ferme sa boutique le lundi. Toute la journée. C’est son jour de repos bien mérité. Il se consacre à la peinture. Avec goût, sans doute. Il pressent un retour des vraies valeurs, il pense à dimanche, il votera. Adolphe est un homme réaliste. Sa peinture aussi. Ses toiles exhibent des ruisseaux langoureux où se perdent les reflets romantiques des amours passées. ‘’On a beau dire c’qu’on veut… c’était l’bon temps’’ pensait Dev (son fils, Kevin, 18 ans, aimait le taquiner en l’appelant Dev, comme le chien de Mirou, la fiancée de Oui-Oui). Peu de temps après le cancer du cerveau de l’artiste, la veuve Devedjian jeta par mégarde la totalité des œuvres du défunt dans la cheminée de la résidence secondaire, à Pontoise. Les philologues, enquêteront bien plus tard et s’accorderont à dire que l’hiver fût bien froid cette année là, laissant à Kevin le souvenir des fulgurances paternelles.

On pourrait tous se contenter de faire des bateaux en papier et papoter avec les grenouilles. Ça ne nous rendrait pas plus philosophes. Heureusement, nous en avons parfois l’intuition (intuition : sorte de paresse cérébrale).


Zende M'ba a lu Plotin, Platon, Socrate, à l'école publique du Congo Belge en 1970. On lui a même retracé les parcours des philosophes français des lumières, Diderot, Rousseau etc. La France, pour lui, c'était un rêve, un vieux rêve de prospérité qu'on effleure du doigt sans trop y croire.

Il y a crû, il y est arrivé en France, à Marseille plus exactement. Puis il s'est établi à Bobigny en tant qu'ouvrier du BTP.

Zende fait de la musique, de la guitare. Une vieille Stratocaster offerte par son oncle sur laquelle il joue des airs de son pays natal avec les neufs doigts qu'il lui reste.  Zende ne votera pas ce dimanche mais il s'inquiête car Gérard et Jean-Paul, des copains de travail, et même sa femme Kiziah, trouvent que, quand même, il y a suffisement de bouches à nourrir, ici, dans ce vieux pays d'Europe de l'ouest. Ce sont leurs mots. Il ne les approuve pas, Zende, mais il se garde bien de le leur dire. Alors il continue à tracer son sillon.

Demain, il ira travailler et il passera devant  le Canal de l'Ourg où il n'y a plus guère de petits bateaux en papier depuis quelques siècles. Un Dimanche de mai, il ira y nourrir les quelques grenouilles restantes. Il repensera à son vieux rêve, la France prospère idéalisée quelques décénies auparavant.

 

Genèse:danah(322) ->dogbreath(325) ->solcarlus(327)
mouarf mouarf.. je voulais viter de faire un texte trop politique... Caramba encore rat...
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Participation de manu (328)

Héraclite d’Éphèse , débarquât un jour à Athènes, un sac de toile sur le dos, et dit que les choses et les mots étaient décidément incommensurables, - il le dit en grec ancien parce que le français n’existait pas en ce temps là. Il passait pour un type étrange, qu’on croisait parfois aux abords des rivières, examinant avec soin l’incessante fluctuation des eaux, y déposant une multitude de petits navires en papier, sur lesquels étaient écrits : ” ποταμοῖσι τοῖσιν αὐτοῖσιν ἐμϐαίνουσιν ἕτερα καὶ ἕτερα ὕδατα ἐπιρρεῖ· καὶ ψυχαὶ δὲ ἀπὸ τῶν ὑγρῶνἀναθυμιῶνται” (par exemple). Embarcations qui filaient immanquablement en amont des eaux, à moins qu’elles ne s’écrasent parfois sur un rocher saillant. Les philologues, bien des siècles plus tard, découvrirent quelques uns de ces bouts de papier échoués dans les ajoncs, et c’est ainsi que furent publiés les fragments d’Héraclite.

Parménide, lui, regrettait amèrement la disparition de ces petits bâteaux. Ça ne lui faisait pas spécialement plaisir de constater l’irrésistible évanouissement de ses mots à lui, des mots censés dire les choses, et c’est avec un certain effroi qu’il voyait ces ruisseaux se tarir en été, n’être plus que des lits de caillasses et de branchages secs et brûlés par le soleil, lequel tapait fort sur la Grêce antique - et il lui vint cette idée que si le non-être n’est pas, alors on pourrait se consoler de ce que l’être au contraire, est, et de ce fait s’y intéresser de préférence, à cet être pur, intact, inengendré, inaltérable, qui demeure malgré les aléas de la vie sublunaire.

L’histoire de la philosophie occidentale avait alors jeté ces derniers feux - le reste n’étant que gloses et notes, annexes et commentaires, plus ou moins avisés, souvent verbeux, et, parfois, à se pendre. On aurait d’ailleurs pu se contenter de lire les quelques dizaines de folios légués par ces deux-là - si tant est qu’ils aient écrit quoi ce soit. On pourrait aussi tout aussi bien s’agenouiller près d’un ruisseau, contempler les grenouilles et les petits poissons, et laisser filer ses propres pensées au milieu des roseaux.

 

 


La philosophie était donc morte… ou tellement endormie qu’elle se contentait de jacasser autour des idées simples des deux bêtes de scène susnommées.

Et mon cul !

Géraldine Halliday, jeune actrice de films ‘’différents’’, s’agenouillait souvent au bord des ruisseaux, sous une lumière synthétique, complètement offerte à son avenir de danseuse étoile, sans doute. Elle laissait flotter ses pensées, au grès des courants du ruisseau qu’elle fixait pendant que ses collègues trompaient leur ennui dans leur tâche quotidienne. Elle pensait ‘’mon Dieu, quelle époc’ !’’ – elle pensait dans un français moyen car à cette époque, les films étaient doublés au montage. Les philologues, quelques années plus tard ont retrouvé le film sans prêter attention à la performance cérébrale de l’artiste. Ils n'en avaient rien à foutre, persuadés que Parménide et Héraclite avaient déjà tout expliqué des malheurs de Sophie.

Adolphe Devedjian, buraliste à Puteaux ferme sa boutique le lundi. Toute la journée. C’est son jour de repos bien mérité. Il se consacre à la peinture. Avec goût, sans doute. Il pressent un retour des vraies valeurs, il pense à dimanche, il votera. Adolphe est un homme réaliste. Sa peinture aussi. Ses toiles exhibent des ruisseaux langoureux où se perdent les reflets romantiques des amours passées. ‘’On a beau dire c’qu’on veut… c’était l’bon temps’’ pensait Dev (son fils, Kevin, 18 ans, aimait le taquiner en l’appelant Dev, comme le chien de Mirou, la fiancée de Oui-Oui). Peu de temps après le cancer du cerveau de l’artiste, la veuve Devedjian jeta par mégarde la totalité des œuvres du défunt dans la cheminée de la résidence secondaire, à Pontoise. Les philologues, enquêteront bien plus tard et s’accorderont à dire que l’hiver fût bien froid cette année là, laissant à Kevin le souvenir des fulgurances paternelles.

On pourrait tous se contenter de faire des bateaux en papier et papoter avec les grenouilles. Ça ne nous rendrait pas plus philosophes. Heureusement, nous en avons parfois l’intuition (intuition : sorte de paresse cérébrale).


Zende M'ba a lu Plotin, Platon, Socrate, à l'école publique du Congo Belge en 1970. On lui a même retracé les parcours des philosophes français des lumières, Diderot, Rousseau etc. La France, pour lui, c'était un rêve, un vieux rêve de prospérité qu'on effleure du doigt sans trop y croire.

Il y a crû, il y est arrivé en France, à Marseille plus exactement. Puis il s'est établi à Bobigny en tant qu'ouvrier du BTP.

Zende fait de la musique, de la guitare. Une vieille Stratocaster offerte par son oncle sur laquelle il joue des airs de son pays natal avec les neufs doigts qu'il lui reste. Zende ne votera pas ce dimanche mais il s'inquiête car Gérard et Jean-Paul, des copains de travail, et même sa femme Kiziah, trouvent que, quand même, il y a suffisement de bouches à nourrir, ici, dans ce vieux pays d'Europe de l'ouest. Ce sont leurs mots. Il ne les approuve pas, Zende, mais il se garde bien de le leur dire. Alors il continue à tracer son sillon.

Demain, il ira travailler et il passera devant le Canal de l'Ourg où il n'y a plus guère de petits bateaux en papier depuis quelques siècles. Un Dimanche de mai, il ira y nourrir les quelques grenouilles restantes. Il repensera à son vieux rêve, la France prospère idéalisée quelques décénies auparavant.

 

 



Pouik-Pouik n'a jamais appris la philosophie. A vrai dire, on ne lui a inculqué que l'art de se fondre dans le paysage, la faculté rapace de bondir sur l'insecte nonchalant, et surtout celle de faire avec un cervelet de la taille d'une cerise au mois d'avril.

 

Pouik-Pouik aime la vie. Elle aime le vert et le marron. Elle aime quand les garçons lui font Croak-Croak, ça l'émoustille.

Pouik-Pouik est une femelle d'âge mur : 1 an environ.

Un jour, Pouik-Pouik a vu poindre devant ses yeux globuleux et mouillés un bout de chose rouge fluorescent. Elle n'a jamais vu ça auparavant Pouik-Pouik, un insecte de cette couleur. Elle a faim. Elle va sauter dessus dans un quart de seconde. Le problème pour Pouik-Pouik, c'est qu'elle n'a pas remarqué le fil attaché à cette réjouissance rouge fluo, ainsi que la canne à pêche qui cours derrière.

A ce moment là, Pouik-Pouik se dit qu'elle aurait bien fait de se terrer profondément dans la vase du canal de l'Ourg, que décidément, elle ne comprend pas pourquoi ses cuisses attirent autant les convoitises, même si les anciens du terroir lui ont parlé de ces étranges kidnappings.

Pouik-Pouik aurait bien lu Plok-Plok, Plotin, Sophocle, Bloub-blob, à la rigueur Paul-loup Sulitzer. Elle aurait bien voté aussi. Elle n'en aura pas le temps. Elle reverra défiler sa vie à toute vitesse en repensant nostalgiquement aux petits bateaux de papier filant sur la rivière. Demain, à l'aube, elle fera plus ample connaissance avec Marcel, le second couteau, mais aussi exécuteur des hautes oeuvres de son état.

Genèse:danah(322) ->dogbreath(325) ->manu(327) ->solcarlus(328)
Croak croak
Participations suspendues Réactions (4): VOIR/REAGIR

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